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COUT DE LA SCOLARITE 2015 : Communiqué de synthèse


La Confédération Syndicale des Familles publiait, il y a 42 ans, son premier dossier sur le coût de la scolarité. L’enquête nationale réalisée sur le terrain auprès des familles adhérentes à La CSF a pour objectif de donner une photo à l’instant T de ce que représente le coût la scolarité d’un enfant (ou plusieurs) dans le budget des familles.

En 2015, le constat est préoccupant. L’enveloppe que les familles devront consacrer à leur(s) enfant(s) est en nette augmentation par rapport à 2014 à + 3,37 % !

*** A télécharger / Coût de la scolarité : le dossier 2015 ***

Même si l’inflation est quasiment nulle (+0,2 %), les explications liées à cette augmentation ne manquent pas.

Des variations de prix importantes !
Le seul poste des fournitures scolaires croît de + 3.33 %, avec une hausse significative de près de 5 % en 6ème où le panier s’élève cette année à 174,79 € contre 166,88 € en 2014.
Les remontées des familles montrent toujours des listes de fournitures conséquentes, certaines pouvant contenir jusqu’à 71 articles.

Pour rappel notre dossier prend en compte les enquêtes remontées par les familles de notre réseau CSF et UPE/CSF (Union de Parents d’Élèves).

La CSF réclame : une meilleure prise en compte de l’ensemble des familles, non pas en fonction de la situation (ou de l’âge) théorique mais à partir de la situation réelle de leurs enfants.

Le montant des livres annexes est stable. Ce poste comprend les divers cahiers d’exercices notamment pour les langues vivantes, mais aussi les petits classiques et livres de poches étudiés en cours de Français ou encore l’achat d’un dictionnaire junior très demandé en cours élémentaire.
La hausse la plus significative constatée revient à l’équipement sportif, avec une augmentation de 16 % par rapport à l’an dernier. Il est souvent demandé aux familles 2 paires de baskets, une pour l’intérieur et une pour l’extérieur répondant à des critères particuliers concernant les qualités d’amorties.
L’équipement sportif doit souvent être complété par un maillot de bain, la natation faisant partie des prérogatives de l’Éducation Nationale.
Aussi, dès la classe de 6ème, la part consacrée à cet équipement est plus élevée pour les familles. Indéniablement la tenue sportive devient une tenue de tous les jours et, pour beaucoup de jeunes collégiens, un marqueur social.

Inégalité territoriale !
Cette année le budget moyen par classe ne prend pas en compte le poste des manuels scolaires. Ce choix a été fait en raison des inégalités sur le territoire national. Effectivement, les politiques régionales ne sont pas les mêmes partout. Certaines régions ont opté pour une dotation directe à l’établissement permettant ainsi le prêt des livres aux élèves.
D’autres ont privilégié des systèmes de chèques livres ou de cartes à puce dont les montants et les critères d’attribution sont très variables. Pour les familles qui n’ont pas la chance de bénéficier du prêt des manuels scolaires, la facture de la rentrée grimpera de manière conséquente avec une dépense moyenne de 264,62 € pour une classe de 2de Générale, et 283,55 € pour un jeune scolarisé en 1ère STI. Sur les 142 ouvrages référencés de l’enquête, la hausse des manuels scolaires est de + 1.9 %. Notons que les manuels scolaires de petits formats ne sont pas systématiquement moins chers que les grands formats.

Très chère technologie !
Si la fracture numérique en termes d’acquisition tend à se réduire, il n’en reste pas moins que ce poste a un coût élevé pour les familles d’autant que s’ajoutent les consommables, pas gratuits et peu appréhendés par les familles. En revanche, demeure une fracture encore significative au niveau des usages : illettrisme, famille sans domicile, barrière de la langue, …

Études supérieures : un luxe pas à la portée de tous, en particulier des familles populaires !
L’étape du lycée terminée, poursuivre ses études est un luxe ! Aux dépenses « classiques » liées à la scolarité il faut ajouter loyer d’un logement, transport, alimentation et bien souvent livres, ordinateur (etc.). Les bourses permettent de
couvrir une partie des dépenses mais sont loin de combler le différentiel ressources/charges.

La CSF revendique la création d’un revenu d’autonomie du Jeune (RAJ). En effet près de 30 % des étudiants se voient contraints de travailler à temps plein pour subvenir à leurs besoins. Il est urgent de donner aux jeunes en études, en formation ou en attente d’emploi, les moyens de subvenir à leurs besoins en toute indépendance financière.

Un soutien insuffisant !
La CSF rappelle que l’ARS n’augmente pas en 2015 et que sa modulation est très insuffisante. En effet, on constate pour l’ARS une variation de seulement 33,27 € (soit 9,17%) entre un enfant en primaire et un jeune au lycée tandis que l’écart constaté pour les dépenses est de 255,27 € (soit 168 %).

Réforme des rythmes scolaires : le flou artistique !
La généralisation de la modification des horaires scolaires à tous les établissements à la rentrée 2014 ne démontre pas une réelle amélioration d’un rythme respectueux de l’enfant. Bon nombre de communes peinent à assurer la mise en œuvre des nouvelles activités péri-éducatives (TAP). De plus les contributions familiales augmentent en raison de la stagnation des dotations de l’État et de communes qui ne veulent ou ne peuvent pas assumer cette dépense. Il devient par ailleurs de plus en plus difficile de faire la différence entre les TAP et les services existant avant la réforme.

Réforme territoriale, les grandes régions : un plus ou un moins, l’avenir le dira !
Des interrogations pointent concernant la fusion des régions. Quelle sera de la règle des dotations, par exemple aux lycées quand 2 régions avaient des orientations différentes sur les aides. Nous nous interrogeons sur la façon dont seront pris en charge les transports ou quelles mesures seront mises en place pour les handicapés.

Un cadre législatif à repenser !
Certains exemples, issus de témoignages des familles que nous accompagnons, nous permettent de cibler quelques incohérences liées à la scolarité et à son coût. L’ARS s’arrête après 18 ans. Qu’en est-il des élèves qui ont redoublé une (ou deux) fois et qui débuteraient une classe de 1ère ou de terminale à 18 ans révolu ?
Un oubli sans doute.
Autre exemple frappant, le calcul des bourses ou des allocations attribuées à la famille est établi à partir du revenu n-2. Or, les revenus fluctuent tellement que les familles n’ont plus les mêmes moyens d’une année sur l’autre, ce qui engendre de grandes crispations au moment de l’annonce du montant de ces aides.

Contact : Johan Jousseaume
jjousseaume@la-csf.org
07.85.49.41.98
01.44.89.86.88